LE PILOTAGE NERVEUX DU DIAPHRAGME

Comment garder le diaphragme souple.

Le diaphragme, masse musculaire à l’allure d’un parachute, est situé au centre du corps, au milieu du torse. Il sépare la cage thoracique de l’abdomen. Il est attaché aux premières lombaires et s’accroche à la pointe du sternum et aux côtes flottantes. Constitué de deux coupoles, il est innervé par le nerf phrénique qui naît dans les racines cervicales C3, C4, C5.

Il constitue le muscle inspiratoire le plus important lors de sa contraction. Celle-ci génère une dépression dans la cavité thoracique initiant l’entrée d’air dans les voies respiratoires. Lorsqu’il se relâche, c’est l’expiration, passive. C’est ainsi que s’amorcent automatiquement les cycles respiratoires.

Un abaissement du diaphragme d’environ un centimètre représente ½ litre d’air dans les poumons ! Inspirer se fait en deux phases, l’une abdominale, l’autre thoracique. La première implique une compression sur les viscères abdominaux par l’aplatissement des coupoles. La seconde induit un élargissement sur les côtés et l’arrière de la cage thoracique. Le centre du diaphragme détermine la bonne réalisation de ces étapes en s’abaissant puis, grâce à l’appui qu’offre la masse viscérale comprimée, en restant fixe pour devenir le support de la phase thoracique. On parle de l’importance de respirer par le ventre, de la respiration abdominale pour masser les viscères thoraciques (poumons) et abdominaux (intestins, estomac, foie).

En se contractant vingt mille fois par jour, le diaphragme est comme une pompe, assurant divers transferts d’énergie (oxygène, chaleur, nutriments), le brassage de fluides et le drainage de la lymphe et du sang. Un diaphragme souple et libre favorise la respiration profonde et un meilleur usage de l’interface pulmonaire. Cette condition est réalisée quand le parasympathique est prédominant sur le sympathique.

Dans ces conditions, l’activité harmonieuse du diaphragme :

  • Régule l’équilibre acido-basique par élimination du CO2 et des déchets dégradés et expulsés par les poumons.
  • Permet d’apaiser, de se détendre émotionnellement.
  • A un rôle important dans le brassage viscéral : il améliore la digestion.
  • Masse le cœur et régule la fréquence respiratoire et cardiaque via le système nerveux parasympathique.
  • A un rôle dans la régulation posturale.

A contrario, une respiration strictement haute, c’est-à-dire claviculaire ou thoracique, pénalise diverses fonctions organiques (foie, estomac, intestins, cœur) et l’expiration du CO2. Si le diaphragme est en tension, il peut donner des contractures dans le cou et les trapèzes de par son innervation (c3-c4-c5) mais aussi entrainer des troubles ostéo-squelettiques dans le dos, le plexus solaire…

Ce type de respiration haute est souvent (inconsciemment) celui de nos modes de vie modernes et celui qui prime en cas d’anxiété ou de sédentarité importante. C’est le système sympathique qui est en excès.

Quelles thérapeutiques pour soulager le sujet en détendant le diaphragme?

Le mauvais fonctionnement du diaphragme a de nombreuses répercussions sur le corps et le mental, l’important sera alors le relâchement de la tension diaphragmatique.

Plusieurs techniques sont proposées comme la réflexologie plantaire, la réhabilitation respiratoire avec la sophrologie et la relaxation ou le yoga – qi gong – taï chi… mais aussi des techniques vocales, méditation, cohérence cardiaque.

D’autre part auprès d’un naturopathe il sera utile d’évaluer les éventuelles carences pour les combler, utiliser la phytothérapie, l’aromathérapie, les oligo-éléments.

>> Dans mon cabinet nous abordons la question différemment en allant à la cause des tensions c’est-à-dire au niveau du pilotage nerveux des fonctions inconscientes et involontaires.

Nous l’avons vu, le diaphragme est géré par le système neurovégétatif. Celui-ci comporte deux systèmes antagonistes : le sympathique qui accélère les fonctions organiques et le parasympathique qui les ralentit pour leur régénération.

Lors du bilan, par les tests visuels, si nous observons un excès du sympathique nous savons qu’en conséquence nous aurons un diaphragme spasmé. Le stress envahit l’organisme et l’état émotionnel de la personne sera d’autant impacté qu’il aura peu d’amortisseurs parasympathique pour prendre du recul face à un évènement perturbateur.

Pendant la rééducation des fonctions automatiques de la base du cerveau, les exercices visuels permettront de restaurer l’équilibre nerveux, cela aura pour conséquence de calmer l’excès de sympathique, de rétablir un meilleur fonctionnement du parasympathique et ainsi de calmer le diaphragme.

Tout l’état affectif bénéficiera d’un retour à une juste réactivité du ressenti émotionnel. De même le système digestif arrêtera de se bloquer continuellement pour laisser place à une digestion plus harmonieuse. Le système musculaire sera plus souple et les douleurs posturales pourront se calmer.

C’est en fait tout l’être qui s’apaisera et retrouvera une sérénité appréciable.

avis d’un ostéopathe…